Organisation Internationale pour le Bambou et le Rotin

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Cinq façons dont le bambou peut lutter contre le changement climatique

6 Fév. 2020

Couvrant 30 millions d’hectares de zones tropicales en Afrique, Asie et Amériques, le bambou peut apporter une contribution significative à la lutte contre le changement climatique dans le monde, en particulier dans les communautés rurales des pays en développement.

Ci-dessous, l’INBAR montre cinq façons dont le bambou peut aider à atténuer les effets du changement climatique et à s’y adapter :

# 1: SÉQUESTRATION DU CARBONE

Les plantations de bambou se caractérisent par leur croissance rapide ; elles séquestrent le carbone dans leur biomasse à des taux comparables, voire supérieurs, à un certain nombre d’espèces d’arbres. Les nombreux produits durables fabriqués à partir du bambou peuvent également avoir un bilan carbone potentiellement négatif, car ils agissent comme des puits séquestrant le carbone. Par ailleurs, ils encouragent le développement et la gestion des forêts de bambou. Un rapport de TU Delft, l’INBAR et de Moso BV International de 2015 a révélé que le bambou pouvait également être un bon substitut aux bois durs, y compris ceux certifiés FSC, compte tenu de son empreinte carbone et de son impact écologique moindres.

Des quantités substantielles de carbone sont stockées dans les forêts de bambous de Chine – les plus grandes du monde – et le total augmentera à mesure que les programmes de reboisement se développent. Le carbone stocké dans les forêts de bambous chinoises devrait passer de 727 millions de tonnes en 2010 à 1018 millions de tonnes en 2050.

# 2: REMPLACEMENT DES COMBUSTIBLES FOSSILES ET RÉDUCTION DE LA DÉFORESTATION

Le bambou aide à éviter l’utilisation de combustibles fossiles et à réduire la déforestation en offrant une source d’énergie biomasse alternative et renouvelable.

Le bambou peut fournir une source durable de bioénergie pour les populations qui dépendent de la biomasse solide, comme le charbon de bois, pour faire la cuisine. Il peut également être transformé en gaz ou en pellets pour fournir une source d’électricité et de chauffage. (Photo : un gazéificateur de bambou à Madagascar.)

Comme il repousse et arrive à maturité plus rapidement que la plupart des espèces d’arbres, le bambou est à même de diminuer la pression sur les autres ressources forestières, réduisant ainsi la déforestation. Le charbon de bois et le gaz de bambou ont une valeur calorifique similaire aux formes de bioénergie couramment utilisées : une communauté de 250 ménages n’a besoin que de 180 kg de bambou sec pour produire 6 heures d’électricité.

Le bambou peut être transformé en granulés pour la production d’électricité et le chauffage et ainsi de contribuer aux objectifs en matière d’énergies renouvelables de certains pays, comme ceux de l’Union européenne. Enfin, le bambou peut être cultivé sur des terres marginales, il ne rivalise pas avec les zones de production agricole.

# 3: ADAPTATION

La mise en culture et la croissance rapides du bambou permettent des récoltes fréquentes. Cela offre aux agriculteurs la possibilité d’adapter de manière flexible leurs pratiques de gestion et de récolte aux nouvelles conditions environnementales à mesure qu’elles émergent à cause du changement climatique. Le bambou fournit aux producteurs une source de revenus toute l’année et peut être transformé en une vaste gamme de produits à valeur ajoutée.

# 4: RESTAURATION DES TERRES

Le bambou fait partie intégrante de nombreux écosystèmes naturels et agricoles au sein et à proximité des zones tropicales. Il est utile pour restaurer les terres dégradées pour plusieurs raisons : il prospère sur les sols difficiles et les pentes raides qui ne conviennent pas à d’autres cultures, c’est un brise-vent efficace et ses rhizomes et racines robustes régulent les flux d’eau et empêchent l’érosion.

Un exemple récent à Allahabad, en Inde, montre comment 80 000 hectares de terres dégradées ont été ramenés à la productivité en utilisant le bambou comme espèce pionnière, ce qui a permis aux locaux de retrouver des moyens de subsistance. En 2018, l’INBAR a publié un rapport sur les avantages du bambou pour la restauration des terres dans huit pays : la Chine, la Colombie, le Ghana, l’Inde, le Népal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et la Thaïlande.

# 5: SOURCE DE REVENUS

Le bambou est une ressource polyvalente et rapidement renouvelable offrant un large éventail de sources de revenu. Son rôle économique devrait s’étendre à un rythme accéléré – à la fois localement et dans le commerce international – à mesure que d’autres ressources forestières seront de plus en plus impactées par le changement climatique. En effet, l’impératif d’atténuer le changement climatique impose une moindre dépendance aux combustibles fossiles et aux ressources forestières menacées, et par ailleurs, la recherche ne cesse de découvrir de nouvelles application à cette plante.

On connaît environ 10 000 utilisations au bambou – des meubles au papier et tissu, du revêtements de sol aux logements innovants. Le bambou à lui seul ne résoudra pas tous les problèmes liés au changement climatique. Cependant, si cette ressource stratégique est correctement utilisée, elle offre des solutions pratiques pour atténuer ses effets et s’y adapter. C’est également un outil qui a fait ses preuves pour lutter contre la pauvreté rurale et restaurer les ressources naturelles qui sont le fondement de la durabilité économique.

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