Organisation Internationale pour le Bambou et le Rotin

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Les bâtiments et les produits en bambou sous les projecteurs lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques

Actualité

Les bâtiments et les produits en bambou sous les projecteurs lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques

Maria Gabriela Aguilera, Ministre équatorienne du Développement urbain et du logement, a prononcé un discours d’ouverture de l’événement parallèle sur le bambou comme matériau de construction potentiel et l’économie circulaire.

Le bambou largement reconnu comme une solution clé basée sur la nature lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2022.

Du 6 au 18 novembre, la 27e session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC COP 27) s’est tenue à Sharm El-Sheikh, en Égypte. L’INBAR, en tant qu’observateur des trois conventions de Rio, s’est distingué lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques cette année, en organisant deux événements parallèles et en participant à un autre, pour défendre l’importance du bambou dans la résolution des problèmes climatiques mondiaux.

Événement parallèle #1 : Le potentiel du bambou comme matériau de construction durable et de développement de l’économie circulaire

Au 14 novembre, l’événement parallèle intitulé « Le potentiel du bambou en tant que matériau de construction durable et de développement de l’économie circulaire » a débuté au Centre mondial d’innovation de la CCNUCC. La session a été consacrée à l’exploration du potentiel du bambou en tant que matériau de construction durable et de développement de l’économie circulaire.

Massamba Thioye, Responsable de projet au Centre mondial d’innovation des Nations Unies sur les changements climatiques, a prononcé le discours d’ouverture de la session. Il a souligné que le bambou est une solution basée sur la nature avec un énorme potentiel d’innovation à partir des produits haut-de-gamme aux produits bas-de-gamme, qui peuvent tous contribuer à atteindre les objectifs de neutralisation et de séquestration du carbone. Cela est tout à fait clair, en particulier compte tenu de son statut de plante à croissance rapide qui soutient les moyens de subsistance et les entreprises rurales à différentes échelles. Le Centre d’innovation des Nations Unies travaillera en étroite collaboration avec l’INBAR à l’échelle mondiale pour mobiliser de nouveaux produits et de la recherche pour lutter contre le changement climatique. Le Professeur Lu Wenming, Directeur général adjoint de l’INBAR, a prononcé le discours d’ouverture au nom d’Ali Mchumo, Directeur général de l’INBAR. Il a mentionné que l’INBAR travaille à travers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine pour promouvoir le développement durable en utilisant le bambou et le rotin. Ressource forestière multifonctionnelle, le bambou compte environ 1.640 espèces avec des applications dans l’économie circulaire, les moyens de subsistance ruraux et l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Récemment, l’INBAR a organisé le Deuxième Congrès mondial sur le bambou et le rotin (BARC 2022) et, avec le Gouvernement chinois, ont co-lancé l’Initiative « Le bambou comme substitut au plastique ».

Plus tard, sept participants ont présenté des exposés et des études de cas sur les utilisations du bambou comme matériau de construction durable ainsi que sur les leçons tirées des programmes de développement économique circulaire en Équateur, en Inde, en Chine, au Myanmar, en Ouganda et aux Philippines.

Selim Reza, Chef de projet INBAR (à gauche) et Llyod Day, Directeur général adjoint de l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (à droite) étaient tous deux présents.

Lloyd Day, Directeur adjoint de l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture, a donné une brève note lors de la session sur le potentiel des ressources en bambou qui reste inexploité. Il a en outre mentionné que ce potentiel pourrait être libéré via des produits à valeur ajoutée, et a également suggéré que le renforcement des chaînes de valeur pour apporter des avantages aux communautés locales serait crucial pour permettre au bambou de contribuer pleinement au développement de l’économique circulaire.

Le discours de clôture a été prononcé par le Dr Carlos Ruiz-Garvia, Chef de projet du Centre mondial d’innovation de la CCNUCC au Secrétariat des Nations Unies sur les changements climatiques. Il souligne que les orateurs de cette session ont présenté des solutions réalisables et pratiques, et que le bambou est une ressource hautement applicable pour l’atténuation du changement climatique et la stimulation du développement vert. Il a énoncé les faits simplement, mais avec élégance : Une simple maison en bambou de 25 m2 est en moyenne capable de séquestrer environ 6 tonnes de CO2 par rapport aux maisons en ciment, fer et briques. En outre, le bambou génère des moyens de subsistance et soutient le développement d’entreprises à différentes échelles, aidant le monde à atteindre les objectifs de développement durable des Nations Unies. Le centre d’innovation de la CCNUCC est une plate-forme essentielle permettant à l’INBAR et à l’ONU de renforcer leur partenariat et leur coopération, en particulier en ce qui concerne l’expansion de produits et d’applications innovants en bambou pour réduire les émissions de carbone, créer des emplois et promouvoir l’égalité des sexes.

Enfin, un certain nombre de produits fabriqués à partir de matériaux en bambou étaient exposés pour le plaisir des participants.

Événement parallèle #2 : Initiative sur le bambou comme substitut au plastique

Le 16 novembre, l’événement parallèle organisé au pavillon de la Chine était entièrement consacré à l’Initiative « Le bambou comme substitut au plastique » lancée conjointement par l’INBAR et la Chine au début du même mois. Le discours d’ouverture a été prononcé par Zhang Guobin, Chef de division adjoint, Section de la gestion du changement climatique, Département de la protection et de la restauration écologiques, Administration nationale des forêts et des prairies de Chine. Dans son discours, il a mentionné que le bambou est une excellente ressource capable d’apporter des contributions significatives à la réalisation de la neutralité carbone et de la croissance verte.

Son allocution d’ouverture a été suivie de la présentation de Shen Genlian, un pionnier de l’entrepreneuriat basé au Sichuan, en Chine. En tant que fondatrice de BABO, une entreprise chinoise populaire connue pour la fabrication de produits en tissu de bambou, elle a apporté une grande expertise du secteur privé au sujet de la substitution du plastique. Elle a particulièrement noté que les fibres de bambou peuvent remplacer une grande variété de matériaux plastiques, aidant les pays et le monde à séquestrer plus de carbone tout en développant de nouvelles industries.

Une autre présentation a été faite par le Dr Fang Changhua, Professeur au Centre international pour le bambou et le rotin (ICBR). Le Dr Fang a souligné le nombre impressionnant de produits fabriqués avec du plastique pouvant être remplacés par des matériaux à base de bambou et a commenté sur la pertinence d’exploitation de manière responsable des ressources en bambou pour combler ces lacunes. L’ICBR et l’INBAR travaillent main dans la main pour promouvoir l’Initiative « Le bambou comme substitut au plastique » par le biais d’initiatives de recherche et de développement.

Ensuite, une discussion et une séance de questions-réponses ont eu lieu entre les deux intervenants. Ensuite, Karina Barrera, Sous-secrétaire au Changement climatique, Ministère de l’environnement, de l’eau et de la transition écologique de l’Équateur et le Dr Carlos Ruiz-Garvia ont été invités à la table ronde.

Le pavillon de la Chine à la COP 27 de la CCNUCC a présenté des produits fabriqués à partir de matériaux en bambou.

Au cours de la table ronde, Karina Barrera a souligné que le Gouvernement équatorien a adopté une nouvelle loi visant à réduire l’utilisation des plastiques, et que le bambou est l’un des substituts alternatifs aux emballages haut-de-gamme et bas-de-gamme. Elle a poursuivi en déclarant que les emballages bas-de-gamme peuvent être largement utilisés dans le secteur agricole, par exemple pour transporter les légumes des fermes aux marchés. Le bambou crée ainsi des emplois ruraux et réduit l’utilisation d’emballages en plastique, tout en encourageant le marché à adopter des pratiques plus vertes et financièrement viables. En outre, dans le cadre des initiatives REDD+, le Gouvernement équatorien a accordé une attention croissante aux activités basées sur la bioéconomie en promouvant les PME ainsi que l’emploi des femmes et des jeunes tout en améliorant simultanément les chaînes de valeur. Pour aider les activités à prendre de l’ampleur, une nouvelle initiative est actuellement en cours dans les négociations de la CCNUCC.

Le Dr Carlos Ruiz-Garvia a répondu à une question concernant les mécanismes appropriés pour intégrer l’Initiative « Le bambou comme substitut au plastique ». Il a expliqué que les technologies innovantes, les politiques et la recherche devront se croiser et fusionner afin de développer les produits alternatifs en bambou. Il a en outre fait remarquer que l’initiative a une portée considérable et présente des opportunités évidentes pour répondre à une variété de programmes urgents, allant du genre et de l’atténuation au développement économique circulaire. Toutefois, pour réussir, l’initiative a besoin d’approches sectorielles qui renforcent les capacités à différents niveaux. L’une des histoires à succès est que les abris en bambou peuvent apporter une contribution substantielle à la réduction des émissions de carbone, à la séquestration du carbone, à la neutralité carbone et à l’emploi et à la sécurité de l’emploi des jeunes en général.

En conclusion, il est nécessaire d’élaborer une feuille de route complète, réalisable et opérationnelle. Un tel plan devrait être à long terme et basé sur des pays et des régions du monde qui ont accès aux ressources en bambou, agissant comme un cadre important pour guider le développement du bambou dans la bonne direction afin qu’il puisse servir d’alternative viable aux plastiques. D’autres domaines de soutien nécessitent également une plus grande attention, tels que la conduite d’interventions sur les prix et les interventions technologiques. Le Centre de la CCNUCC effectuera les actions nécessaires à cet égard.

À la fin de l’événement, les conférenciers ont répondu aux questions de l’auditoire sur la technologie, le financement et la disponibilité des ressources en bambou pour la fabrication de produits alternatifs.

Événement parallèle #3 : Enjeux et opportunités pour la promotion des SFN en matière de synergies entre changement climatique et la biodiversité

Au 17 novembre, l’INBAR a participé à la table ronde au Pavillon de la Chine sur le thème « Défi et opportunités pour la promotion des SFN dans les synergies entre le changement climatique et la biodiversité » organisée par la « Fondation chinoise du carbone vert » ‘China Green Carbon Foundation’, une organisation dirigée par l’Administration nationale des forêts et des prairies de Chine.

Liens

Le ‘Washington Post’ a qualifié le bambou de « solution important pour le climat » lors de la COP 27.

Le Centre mondial d’innovation des Nations Unies sur les changements climatiques a souligné son étroite collaboration avec l’INBAR et a noté le rôle important du bambou en tant que matériau de construction durable.

Un enregistrement complet de l’événement parallèle sur la construction en bambou est disponible en ligne.