Organisation Internationale pour le Bambou et le Rotin

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L’Initiative pour la restauration : Planifier une décennie plus verte au Cameroun

Actualité

L’Initiative pour la restauration : Planifier une décennie plus verte au Cameroun

Le bambou peut jouer un rôle important dans la restauration des terres dégradées.

Les travaux menés dans le cadre du projet INBAR au Cameroun débouchent sur des résultats politiques majeurs pour la restauration des terres et des paysages forestiers dégradés.

Ces dernières années, le Cameroun a été confronté à des pressions croissantes sur ses riches ressources naturelles, ce qui a entraîné une dégradation des terres et des forêts marquées par un appauvrissement des sols et une réduction de la capacité des écosystèmes à fournir des biens et des services. En 2019, INBAR et ses partenaires ont franchi une étape importante dans la lutte contre cela, en lançant « l’Initiative pour la restauration » “The Restoration Initiative (TRI)” pour inverser la dégradation et restaurer les paysages à travers le pays. Le projet vise finalement à « évaluer le potentiel du bambou et d’autres produits forestiers indigènes non ligneux pour la restauration des terres dégradées au Cameroun ».

L’initiative vise quatre objectifs spécifiques :

Le projet TRI est financé par le « Fonds pour l’environnement mondial (FEM) » “Global Environment Facility (GEF)” dans le but de contribuer au « Défi de Bonn » “Bonn Challenge”, à la Déclaration de New York sur les forêts et à l’Initiative pour la restauration des paysages forestiers africains (AFR100). Il implique une série de partenaires de différents domaines, tels que l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les ministères des gouvernements locaux et les organisations de la société civile. Un partenaire clé dans la mise en œuvre du projet est le ministère camerounais de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable (MINEPDED).

Récemment, une percée majeure a été réalisée. À la lumière du Défi de Bonn, les responsables de la mise en œuvre du projet ont adopté une approche centrée sur le paysage pour contribuer à la lutte contre le changement climatique. Le Gouvernement camerounais a également fait de la lutte contre la dégradation des terres et des terres forestières une priorité, où le MINEPDED joue un rôle crucial. Dans le cadre des objectifs environnementaux nationaux, le Cameroun s’est désormais résolument engagé à restaurer 12,6 millions d’hectares de terres et paysages dégradés dans le cadre de l’AFR100 ainsi qu’à réduire ses émissions de 35% d’ici 2030 afin de contribuer à l’effort mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

C’est dans le cadre du respect de cet engagement que le 21 septembre 2022, M. Pierre Hélé, Ministre du MINEPDED, a officiellement annoncé et présenté à Yaoundé le Plan d’action harmonisé de restauration des forêts et des paysages du Cameroun 2020-2030, élaboré avec l’appui du projet TRI.

Photo de groupe lors de la cérémonie d’annonce. Crédit photo : MINEPDED.

L’objectif de ce Plan d’action harmonisé est d’améliorer l’efficacité des efforts de restauration ainsi que de restaurer les terres et les paysages forestiers dégradés grâce à des actions concertées à travers diverses orientations stratégiques adoptées par le Gouvernement camerounais. Surtout, il fonctionne comme un cadre pour la décennie 2020-2030 et sert de feuille de route claire pour différentes approches d’intervention, en particulier concernant les orientations des différentes stratégies, plans, programmes et projets existants. À cette fin, il appelle à une sensibilisation accrue de toutes les parties prenantes à l’importance de la restauration des écosystèmes. C’est donc une avancée majeure pour le Cameroun de présenter le Plan d’action harmonisé aux audiences nationales et internationales.

Le Ministre Pierre Hélé présidant la cérémonie. Crédit photo : INBAR.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le Ministre s’est exprimé sur les perspectives d’avenir environnemental du Cameroun :

Ce plan constitue une étape supplémentaire vers l’amélioration de la qualité et de la quantité des initiatives de restauration dans le pays, afin de concrétiser l’engagement du Cameroun… [Il est] conforme à la stratégie nationale de développement et promeut les changements nécessaires pour inverser la perte de biodiversité et réaliser la vision 2050 et vivre en harmonie avec la nature.

En tant qu’outil à portée multisectorielle, le Plan d’action harmonisé a été présenté en présence de divers représentants de l’administration publique et de partenaires au développement tels que l’UICN, l’INBAR et la GIZ. Ces acteurs joueront un rôle important dans la mise en œuvre du plan harmonisé au cours des années.

Le bambou, en tant que plante à la croissance la plus rapide au monde, peut faire une réelle différence en aidant les pays à respecter leurs engagements nationaux. Capable de pousser sur des pentes dégradées, il n’entre pas en concurrence avec les cultures pour les terres agricoles, améliorant ainsi les moyens de subsistance en milieu rural. Cela le rend idéal pour l’intégration dans l’agroforesterie et d’autres systèmes agricoles régénératifs. Ses rhizomes souterrains à plusieurs nœuds aident à lier le sol et à prévenir l’érosion, tandis que sa masse aérienne fournit des habitats à une grande variété d’animaux, y compris des espèces menacées comme le panda géant, le gorille de montagne, le singe bâlois, et le grand lémur bambou.

Pour en savoir plus sur les multiples façons dont le bambou peut contribuer à atténuer les effets du changement climatique, veuillez consulter la page de l’INBAR sur l’Objectif de développement durable 13 : Prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique et ses effets.